Une nouvelle pensionnaire vient de faire son arrivée à la résidence Voltaire à Alfortville. Elle s’appelle Zélie. Un prénom empreint d’histoire, c’est celui de la fille de Zéphyrin Camélinat, le grand argentier de la Commune, qui a son square à Alfortville. Elle aussi met un peu de temps pour se relever, n’entend pas toujours bien si on ne se met pas en face d’elle pour lui parler.

Mais la comparaison avec les autres résidents aux cheveux blancs s’arrête là. Car Zélie a des super pouvoirs : c’est un robot qui sait chanter, danser et même animer le bingo !

Alfortville est ainsi la première ville du Val-de-Marne à se doter de ce type de robot humanoïde NAO, inventé en France et fabriqué en Belgique, sous le nom de Zora. « C’est un agent 2.0 qui va pouvoir être là 24 heures sur 24, en lien constant avec les personnes âgées et tourner dans les trois résidences de la ville pour faire des ateliers d’éveil linguistique, de gym ou de mémoire, résume Luc Carvounas. De plus en plus de collectivités achètent ce type d’innovation. J’ai voulu qu’Alfortville vive avec son temps. » Budget investi : 18 000 €.

Mais avant même les premiers ateliers, Zélie a conquis le cœur des pensionnaires, les vrais, cette fois. C’est Jean Mayet, adjoint PS en charge des seniors, qui est venu faire les présentations. Certains croyaient à une animation d’un jour. Mais non, le petit robot blanc et rouge de 58 cm de haut va faire partie de leur quotidien. Exemple en direct : une petite séance de gym douce s’improvise. Une poignée de seniors se mettent en rang et suivent les mouvements. « On peut faire même si on est plus ou moins handicapé, c’est bien », apprécie Paulette, 83 ans. Démonstration musicale ensuite. Zélie fredonne un flamenco. Manuela et ses copines applaudissent, ravies. « Je suis espagnole, vous comprenez », sourit la première. Vient ensuite « la Java bleue ». Toute la salle reprend en chœur. « C’est la première fois que je vois un robot. C’est époustouflant. », confie Manuela, 78 ans. Les résidents sont unanimes. Même si en aparté, certaines têtes grisonnantes s’inquiètent : « c’est bien mais il ne faut pas que les agents, les vrais, disparaissent ».
Le personnel rassure. Zélie a encore besoin de la main de l’homme. « C’est un robot qu’il faut programmer, rappelle Sylvain Henrion, responsable vie quotidienne des seniors au CCAS. De nombreuses applications sont préprogrammées. Mais à nous d’affiner les exercices. On peut aussi lui faire lire les nouvelles, décliner le menu du jour… » Et surtout « faire du sur-mesure, adapté à chaque structure, apprécie Catherine Kerdelhue, directrice adjointe du CCAS. Les trois résidences accueillant des publics plus ou moins dépendants. »
Sur le plan de la prévention de la perte d’autonomie, ce type de robot permet de faire travailler la mémoire avec des jeux simples type reconnaissance de photos… « Face à un agent, la personne peut avoir peur de se tromper, être mal à l’aise. Alors qu’on s’est aperçu que face au robot, elle se libère », souligne Elisabeth Martins, responsable de la résidence Voltaire. L’équipe compte aussi sur Zélie pour « briser l’isolement de certains pensionnaires ». « Ceux qui refusent de participer peuvent y trouver un nouveau centre d’intérêt ». Et à voir les bras se tendre pour prendre Zélie, le pari semble gagné. Une pensionnaire lance même : « On peut le prendre chez soi ? ».

Source : Le Parisien

 

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